
Je peux
occuper ma chambre jusqu'à midi. Je glande donc un peu le matin. Je discute
avec trois jeunes français qui rentrent aussi. Je vais me promener dans les
quartiers riches du nord de la ville. Ça n'a rien à voir avec le centre
colonial. Ça sent le fric ici. Il y a au moins un flic ou un militaire armé
tous les cent mètres. C'est nickel. Ca peut l'être, il y a des nettoyeurs
partout. Je glande un peu à l'hôtel avant de regagner l'aéroport en bus. Comme
il me reste des sous sur mon pass, autant en profiter. J’arrive assez tôt à
l’aéroport. Je me balade un peu et dépense mes derniers pesos. Le vol se
déroule sans problème. Nouvelle escale à Madrid, puis Orly. Je prends le bus
jusqu’à Denfert. Il est bondé. Il fait très chaud à Paris. Il parait que ça
fait une semaine qu’il y a la canicule. Nous sommes samedi après-midi. J’ai
toute la journée de demain pour remplir le frigo et faire les lessives. Ce fut
vraiment un très beau voyage. Il n’est pas dit que je ne retournerai pas un
jour en Colombie…

Comme je
n'aurai pas le temps d'aller chez le coiffeur en arrivant à Paris, je décide
d'aller me faire couper les cheveux dans le quartier. En à peine une heure,
j'ai le temps d'aller chez le coiffeur et d’acheter des cartouches de clopes.
J'ai maintenant toute la journée pour me balader. Comme je connais déjà le
centre historique, je décide de monter sur le cerro Monserrate. C'est un point
culminant au-dessus de Bogota avec un très beau panorama sur la ville. On y
monte en télécabine et on redescend en téléphérique. J'ai de la chance, il fait
relativement beau aujourd'hui, la vue est splendide. On voit tout Bogota
jusqu'aux montagnes du fond. Il y a pas mal de touristes. J'y reste un bon
moment puis redescends en ville. Je trouve une parilla pour déjeuner dans une
rue commerçante. Du porc grillé pas mauvais. Puis je vais faire un tour au
musée national. Il est gratuit mais intéressant. Il évoque toute l'histoire de
la Colombie depuis l'époque précolombienne jusqu'à nos jours. Il est situé dans
une ancienne prison construite au temps de la colonie. Je déguste un café glacé
dans le jardin intérieur. L'endroit est paisible, loin du brouhaha de la ville.
Ça fait du bien, j'y reste un bon moment.

Nous sommes réveillés
tôt par le coq qui n'a pas arrêté de chanter depuis 5 heures du mat. Nous
sommes plusieurs à aller voir le lever du soleil sur une petite colline. C’est
vraiment splendide. Nous sommes quatre français à partir pour Bogota. Nous
avons commandé un taxi pour nous emmener à Neiva. Comme il n'y a pas de pont
entre Villavieja et Aipe, il faut redescendre de 35 kilomètres vers Neiva puis
remonter par la route de Bogota. Aujourd'hui, le ciel est nuageux. Je crois que
j'ai bien choisi mon jour. Hier, il faisait beaucoup plus beau. Et pour les
photos, c'est quand même beaucoup mieux. À la gare routière de Neiva, nous
trouvons rapidement un bus, plutôt confortable par rapport à d'habitude. Mais
la clim est trop forte, comme souvent. Nous longeons le rio Magdalena jusqu'à
Girardot puis nous remontons pour atteindre les 2 300 mètres d'altitude de
Bogota. Il ne fait plus que 16 degrés. Une sacré différence. Il faut remettre
le pantalon et le pull. Nous prenons avec Sylvain le transmilenio pour rejoindre
le quartier de Chapinero. Ça fait drôle de retrouver Bogota après un mois de voyage.
Il n'y a malheureusement plus de place dans l'hôtel dans lequel j’étais en
arrivant. J'en trouve un autre non loin. Comme nous n'avons rien mangé depuis
ce matin, nous allons dîner dans une petite gargote avec Sylvain. Il rentre en
France vendredi comme moi.

Il y a trois
sites intéressants dans le désert de Tatacoa. Le site qu’ils appellent Cuzco
qui juste en face de l’observatoire et à peine un kilomètre de l'hôtel. Ce sont
des reliefs en terre rouge. Plus loin, il y a le site de Ventanas plus
classique et à une dizaine de kilomètres, le désert gris où ils ont construit
une piscine. Le premier, on peut le faire facilement à pieds tout seul. Par
contre les deux autres, il faut louer une moto, un vélo ou un cheval. Et c’est
un peu l’arnaque. Les gens du coin en profitent pas mal. Je me dis qu’une bonne
balade sur le premier site fera parfaitement mon affaire. Je pars donc assez
tôt. Il fait un temps splendide. La lumière est parfaite pour les photos.
Cactus géants, des petites falaises de terre rouge, des oiseaux petits et gros.
L’endroit est féerique. Je suis tout seul dans ce désert. On s’y sent bien. Il
ne fait pas encore très chaud mais je sens que ça ne va pas tarder. J'ai juste
emporté une petite bouteille d'eau avec moi. Je marche un peu au hasard durant
trois heures. Je termine la marche par un labyrinthe formé par les cours d’eau.
Puis, je me retrouve à l’observatoire. Je déguste deux bonnes bières puis vais
dans le petit resto d'à côté pour manger un morceau. Pas terrible la bouffe
ici. Juste pour remplir le bide. Il commence à faire sacrément chaud. Il fait
plus de 38 degrés mais c'est une chaleur sèche. Je retourne à l’hôtel pour
faire la sieste. Sur la route, un type me propose de m'emmener cet après-midi
voir les deux sites en moto. Je négocie le prix. Ok, je reviendrai vers trois
heures. Il fera moins chaud. Effectivement, ça valait le coup. Je découvre la
piscine alimentée par une source naturelle. Bizarre de voir ça ici. Mais
pourquoi pas. Les formes des canyons sont sympas. On se croirait en plein Far-West.
Puis retour à l'hôtel. J’offre un coup à boire à mon chauffeur puis le
remercie. Le soir, au resto de l’hôtel, je discute avec un couple de parisiens
qui ont fait la balade en cheval. Ils disent que c'était sympa.

Il a quasiment plu toute la
nuit. Ça fait un barouf sur les tôles de la toiture. Je me lève assez tard,
vers 9 heures. Carlos, le patron de l'hôtel, me propose de m'emmener à Pitalito
car il y va ce matin avec son père et son frère pour faire des courses. C’est
super sympa. Ça m'évite un paquet d’attente pour prendre mes bus. Ils me déposent
à la gare routière et de là, je prends un autre minibus qui m’emmène jusqu'à
Neiva. Je n’ai même pas le temps de manger un morceau. Mais tant pis, je suis
pressé d’arriver. Le trajet dure un peu plus de trois heures. Je suis assis
devant à côté d'un colombien très sympa qui bosse dans les petites banques villageoises.
Il doit prendre un avion à Neiva pour Bogota. Son boulot le fait voyager
souvent dans tout le pays. À la gare routière de Neiva, il faut reprendre une camionnette
pour Villavieja. Les paysages changent complètement. On se croirait en Afrique.
C'est beaucoup plus aride. Tout est sec. Il paraît qu'ici il pleut très peu. Il
y a un microclimat. Les montagnes aux alentours empêchent les nuages de passer.
C'est ce qui créé ces paysages de western. Le chauffeur me propose pour une somme
modique de m’emmener jusqu'au milieu du désert avec d'autres touristes.
Excellente idée. Il paraît que c’est galère de trouver un transport pour y
aller. Il y a plus de 4 kilomètres depuis Villavieja et à pieds, il fait trop
chaud. Les paysages sont féériques. J’aurai plus de temps demain pour visiter
tout ça. Il nous amène jusqu'à un hôtel près d’un observatoire astronomique. Il
paraît que c’est le rendez-vous des amateurs d’étoiles. L'hôtel est situé en
plein milieu du désert. C’est magique. Il y a même un restaurant où on peut
manger du bon poulet. Le paradis…

Aujourd'hui,
je vais aller visiter les sites plus lointains en 4x4. Le chauffeur vient me
chercher vers 8 heures. Je suis accompagné de trois filles de Bogota et d'un
garçon de Medellin. Ils ont une trentaine d'années. Carlos Andrés est
professeur à l'Université, les filles, je ne sais pas trop. L'une d'elle
travaille dans une administration internationale. Le chauffeur, d'une
cinquantaine d’années comme moi, est du coin. Ils sont tous très sympas et on
se rigole bien. Je commence à vraiment tout comprendre des discussions. Les
paysages du coin sont vraiment jolis. Des rios, dont le célèbre rio Magdalena
qui traverse tout le pays du sud au nord. C'est à 80 kilomètres d'ici qu'il
prend sa source. Il va se jeter à Baranquilla, sur la côte caraïbe. Il y a
aussi de beaux canyons profonds, des cascades de plusieurs centaines de mètres
et bien entendus des sites archéologiques. C'est un mélange de sites naturels
et d’histoire de la région. J'avoue que je commence un peu à saturer des
statues précolombiennes. Mais les sites sont vraiment superbes. On a le droit à
quelques averses mais rien de grave. Le tour nous prend toute la journée. Pour
déjeuner, Carlos et moi mangeons une bonne truite. Les autres, le menu du jour.
À la fin de la journée, on est bien crevé. Ça secoue pas mal dans la jeep. Les
pistes ne sont pas toutes en bonne état. De retour à l'hôtel, je saluts mes
compagnons de route puis prend une bonne douche réparatrice.

Mes hôtes
sont vraiment charmants et très attentionnés avec moi. Il s'agit d'un jeune
couple du coin. Ils ont deux enfants. Le petit déjeuner est frugal mais bon.
L'endroit est champêtre et relativement calme par rapport à la ville. Ça me
change un peu. Ce matin, je vais faire une balade en cheval pour découvrir des
sites difficilement accessibles en voiture ou à pieds. On vient me chercher à 9
heures comme prévu. C'est un petit groupe de trois personnes. Une polonaise,
une française et un guide. On découvre ainsi quatre sites intéressants, soit une
randonnée à cheval d’environ une quinzaine de kilomètres. Au début, le cheval,
c'est sympa. Mais lorsqu'ils trottent et qu'on n'a pas l'habitude, les fesses
en prennent un sacré coup et ce n'est plus vraiment une partie de plaisir. En
plus, le mien se dispute la première place avec un autre. C'est la course. Ils
connaissent parfaitement leur chemin. On a juste à tenir les reines, ils se
dirigent tout seul. Mais il faut reconnaître qu'il aurait été beaucoup plus
difficile de découvrir ces lieux à pieds. Ce sont des sites où ont été
découvert des stèles de l'époque précolombienne. En soit rien d’extraordinaire,
mais ça fait découvrir la région. Il n'y a vraiment pas grand monde comme
visiteurs. Au premier site il y a un petit musée sans prétention. Au deuxième,
une superbe vue sur les canyons du rio Magdalena. Et au troisième, une petite
balade à pieds. Puis retour à San Agustin. Je rends mon cheval arrivé à mon
hôtel, non mécontent de me reposer les fesses. Puis je repars à pieds jusqu'en
ville pour prendre un petit bus qui m'emmène jusqu'au parc archéologique. Il
est à peine 14 heures. Le parc ferme à 16 heures. Il ne faut pas trop trainer.
Je mange un paquet de chips à la cafétéria du parc puis commence la visite.
C'est un très joli parc très bien entretenu. Il y a quatre sites à voir et un
magnifique point de vue depuis la colline qui surplombe le parc. Certes, il
faut aimer les stèles et les statues. Je suis quasiment tout seul. J'ai le parc
pour moi. Il y a du soleil. Les gazons sont tondus à raz. On découvre un fond
de rivière sculpté. Marrant. Je retrouve par hasard Hasna qui redescend du
point de vue. Nous nous retrouvons à la cafétéria pour causer un peu puis
retour à l'hôtel. Je retrouve mon hôte, Carlos, sur le chemin. Il me remonte au
gîte en moto. Ça tombe bien, je suis nase.