
Je peux
occuper ma chambre jusqu'à midi. Je glande donc un peu le matin. Je discute
avec trois jeunes français qui rentrent aussi. Je vais me promener dans les
quartiers riches du nord de la ville. Ça n'a rien à voir avec le centre
colonial. Ça sent le fric ici. Il y a au moins un flic ou un militaire armé
tous les cent mètres. C'est nickel. Ca peut l'être, il y a des nettoyeurs
partout. Je glande un peu à l'hôtel avant de regagner l'aéroport en bus. Comme
il me reste des sous sur mon pass, autant en profiter. J’arrive assez tôt à
l’aéroport. Je me balade un peu et dépense mes derniers pesos. Le vol se
déroule sans problème. Nouvelle escale à Madrid, puis Orly. Je prends le bus
jusqu’à Denfert. Il est bondé. Il fait très chaud à Paris. Il parait que ça
fait une semaine qu’il y a la canicule. Nous sommes samedi après-midi. J’ai
toute la journée de demain pour remplir le frigo et faire les lessives. Ce fut
vraiment un très beau voyage. Il n’est pas dit que je ne retournerai pas un
jour en Colombie…

Comme je
n'aurai pas le temps d'aller chez le coiffeur en arrivant à Paris, je décide
d'aller me faire couper les cheveux dans le quartier. En à peine une heure,
j'ai le temps d'aller chez le coiffeur et d’acheter des cartouches de clopes.
J'ai maintenant toute la journée pour me balader. Comme je connais déjà le
centre historique, je décide de monter sur le cerro Monserrate. C'est un point
culminant au-dessus de Bogota avec un très beau panorama sur la ville. On y
monte en télécabine et on redescend en téléphérique. J'ai de la chance, il fait
relativement beau aujourd'hui, la vue est splendide. On voit tout Bogota
jusqu'aux montagnes du fond. Il y a pas mal de touristes. J'y reste un bon
moment puis redescends en ville. Je trouve une parilla pour déjeuner dans une
rue commerçante. Du porc grillé pas mauvais. Puis je vais faire un tour au
musée national. Il est gratuit mais intéressant. Il évoque toute l'histoire de
la Colombie depuis l'époque précolombienne jusqu'à nos jours. Il est situé dans
une ancienne prison construite au temps de la colonie. Je déguste un café glacé
dans le jardin intérieur. L'endroit est paisible, loin du brouhaha de la ville.
Ça fait du bien, j'y reste un bon moment.

Nous sommes réveillés
tôt par le coq qui n'a pas arrêté de chanter depuis 5 heures du mat. Nous
sommes plusieurs à aller voir le lever du soleil sur une petite colline. C’est
vraiment splendide. Nous sommes quatre français à partir pour Bogota. Nous
avons commandé un taxi pour nous emmener à Neiva. Comme il n'y a pas de pont
entre Villavieja et Aipe, il faut redescendre de 35 kilomètres vers Neiva puis
remonter par la route de Bogota. Aujourd'hui, le ciel est nuageux. Je crois que
j'ai bien choisi mon jour. Hier, il faisait beaucoup plus beau. Et pour les
photos, c'est quand même beaucoup mieux. À la gare routière de Neiva, nous
trouvons rapidement un bus, plutôt confortable par rapport à d'habitude. Mais
la clim est trop forte, comme souvent. Nous longeons le rio Magdalena jusqu'à
Girardot puis nous remontons pour atteindre les 2 300 mètres d'altitude de
Bogota. Il ne fait plus que 16 degrés. Une sacré différence. Il faut remettre
le pantalon et le pull. Nous prenons avec Sylvain le transmilenio pour rejoindre
le quartier de Chapinero. Ça fait drôle de retrouver Bogota après un mois de voyage.
Il n'y a malheureusement plus de place dans l'hôtel dans lequel j’étais en
arrivant. J'en trouve un autre non loin. Comme nous n'avons rien mangé depuis
ce matin, nous allons dîner dans une petite gargote avec Sylvain. Il rentre en
France vendredi comme moi.

Il y a trois
sites intéressants dans le désert de Tatacoa. Le site qu’ils appellent Cuzco
qui juste en face de l’observatoire et à peine un kilomètre de l'hôtel. Ce sont
des reliefs en terre rouge. Plus loin, il y a le site de Ventanas plus
classique et à une dizaine de kilomètres, le désert gris où ils ont construit
une piscine. Le premier, on peut le faire facilement à pieds tout seul. Par
contre les deux autres, il faut louer une moto, un vélo ou un cheval. Et c’est
un peu l’arnaque. Les gens du coin en profitent pas mal. Je me dis qu’une bonne
balade sur le premier site fera parfaitement mon affaire. Je pars donc assez
tôt. Il fait un temps splendide. La lumière est parfaite pour les photos.
Cactus géants, des petites falaises de terre rouge, des oiseaux petits et gros.
L’endroit est féerique. Je suis tout seul dans ce désert. On s’y sent bien. Il
ne fait pas encore très chaud mais je sens que ça ne va pas tarder. J'ai juste
emporté une petite bouteille d'eau avec moi. Je marche un peu au hasard durant
trois heures. Je termine la marche par un labyrinthe formé par les cours d’eau.
Puis, je me retrouve à l’observatoire. Je déguste deux bonnes bières puis vais
dans le petit resto d'à côté pour manger un morceau. Pas terrible la bouffe
ici. Juste pour remplir le bide. Il commence à faire sacrément chaud. Il fait
plus de 38 degrés mais c'est une chaleur sèche. Je retourne à l’hôtel pour
faire la sieste. Sur la route, un type me propose de m'emmener cet après-midi
voir les deux sites en moto. Je négocie le prix. Ok, je reviendrai vers trois
heures. Il fera moins chaud. Effectivement, ça valait le coup. Je découvre la
piscine alimentée par une source naturelle. Bizarre de voir ça ici. Mais
pourquoi pas. Les formes des canyons sont sympas. On se croirait en plein Far-West.
Puis retour à l'hôtel. J’offre un coup à boire à mon chauffeur puis le
remercie. Le soir, au resto de l’hôtel, je discute avec un couple de parisiens
qui ont fait la balade en cheval. Ils disent que c'était sympa.

Il a quasiment plu toute la
nuit. Ça fait un barouf sur les tôles de la toiture. Je me lève assez tard,
vers 9 heures. Carlos, le patron de l'hôtel, me propose de m'emmener à Pitalito
car il y va ce matin avec son père et son frère pour faire des courses. C’est
super sympa. Ça m'évite un paquet d’attente pour prendre mes bus. Ils me déposent
à la gare routière et de là, je prends un autre minibus qui m’emmène jusqu'à
Neiva. Je n’ai même pas le temps de manger un morceau. Mais tant pis, je suis
pressé d’arriver. Le trajet dure un peu plus de trois heures. Je suis assis
devant à côté d'un colombien très sympa qui bosse dans les petites banques villageoises.
Il doit prendre un avion à Neiva pour Bogota. Son boulot le fait voyager
souvent dans tout le pays. À la gare routière de Neiva, il faut reprendre une camionnette
pour Villavieja. Les paysages changent complètement. On se croirait en Afrique.
C'est beaucoup plus aride. Tout est sec. Il paraît qu'ici il pleut très peu. Il
y a un microclimat. Les montagnes aux alentours empêchent les nuages de passer.
C'est ce qui créé ces paysages de western. Le chauffeur me propose pour une somme
modique de m’emmener jusqu'au milieu du désert avec d'autres touristes.
Excellente idée. Il paraît que c’est galère de trouver un transport pour y
aller. Il y a plus de 4 kilomètres depuis Villavieja et à pieds, il fait trop
chaud. Les paysages sont féériques. J’aurai plus de temps demain pour visiter
tout ça. Il nous amène jusqu'à un hôtel près d’un observatoire astronomique. Il
paraît que c’est le rendez-vous des amateurs d’étoiles. L'hôtel est situé en
plein milieu du désert. C’est magique. Il y a même un restaurant où on peut
manger du bon poulet. Le paradis…

Aujourd'hui,
je vais aller visiter les sites plus lointains en 4x4. Le chauffeur vient me
chercher vers 8 heures. Je suis accompagné de trois filles de Bogota et d'un
garçon de Medellin. Ils ont une trentaine d'années. Carlos Andrés est
professeur à l'Université, les filles, je ne sais pas trop. L'une d'elle
travaille dans une administration internationale. Le chauffeur, d'une
cinquantaine d’années comme moi, est du coin. Ils sont tous très sympas et on
se rigole bien. Je commence à vraiment tout comprendre des discussions. Les
paysages du coin sont vraiment jolis. Des rios, dont le célèbre rio Magdalena
qui traverse tout le pays du sud au nord. C'est à 80 kilomètres d'ici qu'il
prend sa source. Il va se jeter à Baranquilla, sur la côte caraïbe. Il y a
aussi de beaux canyons profonds, des cascades de plusieurs centaines de mètres
et bien entendus des sites archéologiques. C'est un mélange de sites naturels
et d’histoire de la région. J'avoue que je commence un peu à saturer des
statues précolombiennes. Mais les sites sont vraiment superbes. On a le droit à
quelques averses mais rien de grave. Le tour nous prend toute la journée. Pour
déjeuner, Carlos et moi mangeons une bonne truite. Les autres, le menu du jour.
À la fin de la journée, on est bien crevé. Ça secoue pas mal dans la jeep. Les
pistes ne sont pas toutes en bonne état. De retour à l'hôtel, je saluts mes
compagnons de route puis prend une bonne douche réparatrice.

Mes hôtes
sont vraiment charmants et très attentionnés avec moi. Il s'agit d'un jeune
couple du coin. Ils ont deux enfants. Le petit déjeuner est frugal mais bon.
L'endroit est champêtre et relativement calme par rapport à la ville. Ça me
change un peu. Ce matin, je vais faire une balade en cheval pour découvrir des
sites difficilement accessibles en voiture ou à pieds. On vient me chercher à 9
heures comme prévu. C'est un petit groupe de trois personnes. Une polonaise,
une française et un guide. On découvre ainsi quatre sites intéressants, soit une
randonnée à cheval d’environ une quinzaine de kilomètres. Au début, le cheval,
c'est sympa. Mais lorsqu'ils trottent et qu'on n'a pas l'habitude, les fesses
en prennent un sacré coup et ce n'est plus vraiment une partie de plaisir. En
plus, le mien se dispute la première place avec un autre. C'est la course. Ils
connaissent parfaitement leur chemin. On a juste à tenir les reines, ils se
dirigent tout seul. Mais il faut reconnaître qu'il aurait été beaucoup plus
difficile de découvrir ces lieux à pieds. Ce sont des sites où ont été
découvert des stèles de l'époque précolombienne. En soit rien d’extraordinaire,
mais ça fait découvrir la région. Il n'y a vraiment pas grand monde comme
visiteurs. Au premier site il y a un petit musée sans prétention. Au deuxième,
une superbe vue sur les canyons du rio Magdalena. Et au troisième, une petite
balade à pieds. Puis retour à San Agustin. Je rends mon cheval arrivé à mon
hôtel, non mécontent de me reposer les fesses. Puis je repars à pieds jusqu'en
ville pour prendre un petit bus qui m'emmène jusqu'au parc archéologique. Il
est à peine 14 heures. Le parc ferme à 16 heures. Il ne faut pas trop trainer.
Je mange un paquet de chips à la cafétéria du parc puis commence la visite.
C'est un très joli parc très bien entretenu. Il y a quatre sites à voir et un
magnifique point de vue depuis la colline qui surplombe le parc. Certes, il
faut aimer les stèles et les statues. Je suis quasiment tout seul. J'ai le parc
pour moi. Il y a du soleil. Les gazons sont tondus à raz. On découvre un fond
de rivière sculpté. Marrant. Je retrouve par hasard Hasna qui redescend du
point de vue. Nous nous retrouvons à la cafétéria pour causer un peu puis
retour à l'hôtel. Je retrouve mon hôte, Carlos, sur le chemin. Il me remonte au
gîte en moto. Ça tombe bien, je suis nase.

Je pensais
rester au moins deux jours à Popayàn mais le temps passe trop vite. Il faut que
j'accélère un peu si je veux voir les sites archéologiques dans le sud du pays.
En plus, j'ai à peu près fait le tour des coins sympas de la ville. Comme il y
a un beau ciel bleu ce matin, je retourne faire quelques photos du centre-ville.
J'en profite pour tirer de l'argent. Puis je fais mon sac et vais à la gare
routière à pieds. Elle n'est pas si loin. Je prends un billet pour le bus de
San Agustin. Il y en a un qui part dans un quart d'heure, c'est parfait. Au
début, la route est plutôt bonne. C'est une bonne route de montagne. Les
paysages sont superbes. On grimpe beaucoup. Puis on traverse une réserve de
nativos. La piste a remplacé la bonne route goudronnée. C'est la forêt dense.
Nous avons dû monté haut puisque nous sommes dans les nuages. Il flottille un
peu au début puis c'est de la pluie beaucoup plus forte. Les croisements entre
camions sont délicats. Il n'y a que quelques centimètres entre eux. On n'y voit
pas grand-chose dans la brume. On fait une pause déjeuner dans un resto de
routiers en altitude puis la piste redescend. On retrouve la bonne route un peu
plus bas à la fin de la réserve. On sort de la pluie. Les paysages
réapparaissent. Le bus m'arrête à l'embranchement de San Agustin où un taxi
attend les quelques voyageurs qui y montent. Le chauffeur du taxi conduit comme
un taré mais il a l'air de bien connaître la route. Pas mécontent d'arriver. Il
nous dépose devant une agence touristique, comme par hasard. Mais finalement,
ça fait bien mes affaires. En même pas un quart d'heure, mes visites de demain
sont organisées et ils me trouvent un hôtel dans une petite ferme juste au-dessus
du village. Ambiance locale très sympa. Beaucoup d'enfants jouent dans la cour.
Ma chambre est située au-dessus de leur maison. Il y a de l'eau chaude et du
wifi. Que demander de plus. J'en profite pour prendre une bonne douche. J'ai
une jolie vue sur la vallée. Encore un coup de chance… Le soir je vais manger
un plat de spaghetti dans l'hôtel d'à côté tenu par un français.

Ce matin, je
pars pour Popayàn. Je prends un taxi pour la gare routière avec Hasna qui veut
aller directement à San Agustin, plus au sud. Comme elle ne trouve pas de bus
direct, elle voyage avec moi jusqu'à Popayàn. De là, elle reprendra un autre
bus. Le voyage dure à peine 3 heures. Il y a beaucoup de militaires le long de
la route. La zone ne doit pas être encore très sécurisée. Nous nous quittons à
la gare routière. Je prends un taxi qui m'emmène en centre-ville. Pas facile de
trouver une chambre correcte. Je fais la tournée de trois ou quatre hôtels
avant de trouver une chambre à peu près potable. En plus, j'apprends qu'il n'y
aura pas d'eau avant ce soir. Popayàn est une ville assez jolie. Le centre est
de style colonial. Il ne fait pas très beau mais il ne pleut pas, c’est déjà ça.
Je monte sur la petite colline à l'est de la ville. Jolie vue, sans plus. Je
déambule dans les rues un peu au hasard. Quelques jolis monuments, un vieux
pont, de belles églises et des maisons de style colonial bien entretenues. Les
gens sont plus typés indiens par ici. Le soir en rentrant, toujours pas d'eau.
Il paraît qu'ils font des travaux dans le quartier.

Je fais la
connaissance d’une française, Hasna, très sympa. Elle
occupe la chambre d’à côté. Elle vient d'arriver directement de Paris pour un
séjour de six semaines en Colombie. Elle angoisse un peu. Je la rassure sur la
sécurité ici. Ce matin, je vais visiter la ville. D'abord, le centre
historique. Rien de très folichon mais une bonne ambiance. La population est beaucoup
plus colorée ici. Beaucoup de noirs, sûrement issue de l’esclavage de l'époque
coloniale, à cause des plantations de cannes à sucre de la région. Je trouve
quatre paires de chaussettes courtes pour à peine deux euros. En fait, Cali
n'est pas particulièrement une belle ville mais elle est agréable. Puis, je
vais faire un petit tour vers les quartiers plus récents. Bof, rien de
passionnant. Je déjeune dans un boui-boui puis retour à l'hôtel. Longue
discussion avec Hasna sur les voyages puis on va dîner ensemble dans un petit
resto avec une vue nocturne splendide sur la ville. Ce soir les moustiques
attaquent. Moustiquaire !

Je dis au
revoir à mes amis suisses. Ils vont à Neiva. Moi, je veux descendre vers le sud
à Cali. Je prends tout d’abord un minibus pour Armenia. De là, j'en prends un
autre pour Cali. Je retrouve par hasard Marcus, le Suisse. Ils ont raté leur
bus qui était complet. Ils attendent le suivant. La route descend vers la
vallée. Il fait de plus en plus chaud. Nous sortons de la montagne et la grande
route est tout droite. Nous avalons les kilomètres beaucoup plus rapidement.
Nous arrivons à la gare routière de Cali à 13 heures. De là, je prends un taxi
qui m'emmène au centre-ville jusqu'à un charmant hôtel. C'est la première fois
que j'en trouve un calme et sans bruit de rue. La patronne est vraiment très
sympa. Elle m'informe sur tous les trucs à voir à Cali. Je ne sais pas
pourquoi, mais je la sens bien cette ville. D'abord, il fait 32 degrés soit dix
de plus que d'habitude. Ça fait du bien. Nous ne sommes qu'à 1000 mètres
d'altitude. Je vais déjeuner dans un petit boui-boui à côté puis je retourne
faire une sieste. Je n'ai pas vu le temps passer. Je vais me balader dans le
coin. C'est très agréable. Beaucoup plus qu'à Medellin. Je découvre le quartier
chic et résidentiel. Puis je me dirige sur les hauteurs. Je m'arrête dans un
petit restaurant avec une vue imprenable sur les lumières de la ville. J'en
profite pour manger un céviche accompagné d'une bière. C'est cher mais c'est
bon. Demain, j'irai visiter la ville.

Chouette,
mon mollet va beaucoup mieux ce matin. Je peux presque marcher normalement. Les
suisses me proposent d'aller visiter une plantation de café. Bonne idée. C’est
à peine 4 kilomètres d'ici. Nous décidons d'y aller à pieds. Il paraît que la
route est jolie. Plus de problème pour moi pour marcher. Nous nous arrêtons en
cours de route pour monter sur une immense tour en bois. Une espèce de mirador.
De là-haut, la vue est splendide. Malheureusement, il ne fait pas très beau
aujourd'hui. La visibilité n'est pas très bonne. Mais c'est joli tout de même.
Sur le chemin, je discute un peu avec mes nouveaux amis de voyage suisses. Lui
est architecte à Zurich. Elle, je ne sais pas trop. Elle n'a pas l'air en forme
aujourd'hui. Elle reste en retrait. La route est sans doute jolie mais ce n’est
pas génial pour marcher. Beaucoup de voitures et de poussière sur la piste.
Nous arrivons à un restaurant panoramique qui sert des petits plats très
simples mais très bons. On s'installe devant ce panorama extraordinaire. On
pourrait y passer toute la journée. On boit l'excellent café du coin. On
abandonne l'idée d'une visite de la plantation. C'est en espagnol et les
suisses ne le comprennent pas beaucoup et puis c'est cher. Ça sent
l'attrape-nigaud. Pour le retour, une voiture d’un paysan nous propose de nous
ramener en ville gracieusement. Ce n’est pas de refus. Ils sont vraiment sympas
ces colombiens. Puis, nous retournons nous reposer à l'hôtel. Le soir, nous
allons faire un tour en ville. À peine sortis de l’hôtel, qu'un orage nous
tombe dessus. Nous devons trouver refuge dans une petite boutique le temps que
le déluge cesse. La place s’est vidée. Elle est déserte. Nous trouvons un petit
restaurant qui retransmet les jeux olympiques à la télévision. Nous restons
jusqu'à la fin du saut à la perche. Le perchiste français perd de justesse
contre un brésilien. Sans être chauvin, il mériterait de gagner. Mais c'est la
dure loi du sport.

Au petit
déjeuner, un couple de suisses allemands me propose de venir avec eux marcher
dans la vallée de Cocora. Il faut rejoindre un autre petit village, Salento, à
une cinquantaine de kilomètres à l’est. Pourquoi pas ? Mais mon mollet gauche
me fait toujours souffrir. Je pense qu'en marchant ça passera. Nous voilà donc
partis. Nous prenons d'abord un minibus qui nous emmène jusqu'à la route
principale. De là, il faut en reprendre un autre pour Salento. Il est bondé.
Pas facile de tenir debout avec cette route sinueuse. Nous arrivons vers 10
heures à Salento. Il y a déjà beaucoup de touristes qui arpentent les rues.
C'est rempli de boutiques et de restaurants. Impressionnant, mais on m'avait
prévenu. Des jeeps attendent les marcheurs sur la place centrale pour les
emmener dans la vallée. Mon mollet ne va pas mieux. Au contraire, j'ai
l'impression que ça s’empire. Je marche en titubant sur une patte. Ça me lance
de plus en plus. Je décide de ne pas les suivre. Je vais rester au village pour
visiter un peu puis je rentrerai tranquillement. En plus, les suisses sont de
grands stressés. Pas trop mon style. Je grimpe sur le mirador, en haut du
village. Très belle vue sur les montagnes environnantes et sur la vallée de
Cocora. Il y a un monde fou mais c'est ça qu'est marrant. Je déjeune dans un
resto un peu à l'écart du centre touristique. Une excellente truite au lait,
divin. J'ai de plus en plus de mal à marcher. Les gens me regardent tituber
comme un handicapé. Je n'en peux plus, je rentre à Filandia. En cherchant le
bus, j'aide une pauvre grand-mère en fauteuil roulant à descendre une côte.
Elle est ravie et me remercie mille fois. Il y a un monde fou sur la route du
retour. Des bouchons à perte de vue. Je rentre sans trop de difficultés à
l'hôtel. Je prends une bonne douche et m'allonge sur le lit pour reposer ma
cheville. Je me demande si ce n'est pas les piqûres de moustiques de Jardin qui
me font ça. Je lis sur Internet que la dingue peut donner des courbatures. Espérons
que ça ne soit pas ça. Dans la soirée, j'ai l'impression que ça s'améliore un
peu. J'en profite pour aller manger deux, trois trucs sur la place du village
toujours en fête.

Cette nuit,
je me suis fait bouffé par les moustiques. J'ai des boutons partout sur les
bras et les jambes. Ils se sont même attaqués au visage les salauds. Je flâne
un peu dans le village. J'ai le temps, mon bus ne part qu'à midi. Un bon jus de
fruit sur le balcon d'un café face à la place. Je bouquine tranquillement en
regardant les gens passer. Puis, départ pour la petite gare routière située à
quelques cuadras de la place. J'ai la surprise de voir qu'on va emprunter un
énorme bus. C’est un mélange de bus et de camion. Le tout bien décoré. Au
début, on va très doucement, pas plus de dix kilomètres à l'heure. Je me dis
qu'à ce rythme, on n’est pas rendu. En fait, on attend des retardataires qui
nous rejoignent en taxi. Les premiers kilomètres, la route est goudronnée puis
ça devient une piste, plutôt bonne. Elle est magnifique. Elle passe à flanc des
montagnes. Elle grimpe jusqu'à un col où nous faisons un petit arrêt, puis elle
redescend jusqu'à Riosucio. Il nous faut trois bonnes heures pour parcourir 50
petits kilomètres. Mais c'était superbe, à refaire. Arrivé à la gare routière
de Riosucio, je prends un bus qui va à Pereira. Ça m'évite de passer par
Manizales et par la route sinueuse de montagne. On descend vers la vallée, la
route devient droite. Ça faisait longtemps. On arrive à Pereira vers 18h30. Ça
va être difficile de trouver un autre bus pour Filandia à cette heure. Pereira
est la capitale économique du commerce du café. Je ne vois pas grand-chose car
la nuit tombe mais il parait que c'est une ville active sans trop d'intérêt
touristique. Au terminal, je trouve par chance un bus qui part à 19h30 pour
Filandia. Chouette, je ne serai pas obligé de trouver un hôtel ici. Le trajet
pour Filandia dure à peine une heure. Ça m'aura fait une sacrée journée de
transport aujourd'hui. Je suis crevé. Par contre, je n'avais pas prévu qu'on
était le week-end du 15 août. Tous les hôtels sont complets. J'arrive
péniblement à trouver un lit dans un dortoir avec deux charmantes italiennes.
Elle est située près de la rue, donc très bruyante. Pour ce soir, il faudra
faire avec. Je vais dîner un morceau sur la place du village en fête. Il y a un
monde fou. Surtout des jeunes qui tournent autour de la place, tous dans le
même sens. Je mange une petite assiette de saucisses grillées dans un petit
stand. Quelques petits groupes de musiques jouent de la cumbia, ambiance… je me
suis fait une sacrée entorse au mollet gauche. C'est venu d'un seul coup. Je ne
sais pas pourquoi ? J'espère que ça se réparera dans la nuit.

Ce matin, il
fait relativement beau. Je vais me promener. D'abord vers les montagnes du côté
sud et cet aprèm, j'irai de l'autre côté. Les chemins que j'emprunte sont
vraiment très agréables. La campagne est vraiment belle. Il y a des fleurs
partout et c'est relativement propre. Très peu de détritus par terre. Je fais
une grande boucle qui passe par des cascades, des plantations de café et de
bananes. Ici, tout à l'air de pousser très vite. Je grimpe jusqu'à un belvédère
où il y a un vieux téléphérique qui marche encore. Il fait très bon, c'est très
agréable de se promener. Puis je redescends gentiment sur le village. Il est
midi, j'en profite pour manger un morceau dans un resto. Des espèces de tacos
aux crevettes. Délicieux. En début d'après-midi, j'hésite un peu car il y a des
gros nuages au-dessus de nos têtes. Ça sent l'orage. J'entends au loin le
tonnerre. Mais il a l'air de passer à côté. Après tout, je ne risque qu'une
bonne douche. Et puis en général, ça ne dure pas trop longtemps. Je grimpe donc
sur l'autre versant de la montagne. Je me perds un peu mais à force de demander
mon chemin aux paysans, j'arrive enfin au Christ qui domine la ville. Pas
évident à trouver. Le panorama sur la ville est superbe. Là-haut, il y a un
petit vieux qui tient une buvette. Je ne sais pas s'il rencontre beaucoup de
monde ? Le téléphérique de ce côté ne fonctionne apparemment pas. Je lui
prends un soda. Il me parle d'un paquet de trucs mais je ne comprends pas tout
car il a l'air de parler un patois local. Lui a l'air de me comprendre, c'est
déjà ça. Il m'indique un chemin beaucoup plus court pour rentrer. C'est
quasiment direct. On descend jusqu'au rio puis on remonte sur le village. Je
croise un immense arbre à barbe, c'est marrant. Je mets à peine un quart
d'heure pour rentrer. J'en profite pour me renseigner sur les horaires de bus
de demain. Ça ne va pas être simple. Tout est déjà complet. Je prends un billet
pour Riosucio qui part vers midi demain. De là, je verrai bien. Le bus part à
midi. J'aurai le temps de faire la grâce mat. Comme tous les soirs, c'est la
fête au village. Tous les paysans du coin viennent boire un coup ensemble. On
entend la musique, le pas des chevaux sur les pavés, les rires, et ce jusqu'à
très tard dans la nuit. Comme il n'y a pas de fenêtres mais uniquement des
volets sur mon balcon, impossible de me passer des boules Quies.

Je crois que
j'ai fait le tour de Medellin. Je suis perplexe sur cette ville. Elle est très
active, moderne et son climat idéal. Il fait entre 20 et 25 degrés toute
l'année. Mais pour la visiter en se baladant à pieds, c'est une autre histoire.
J'ai vu, voilà. J’ai fait de belles rencontres mais je ne suis pas sûr d’avoir
envie d'y revenir. Ce matin, je vais au grand centre commercial d'à côté pour
tirer un peu d'argent frais et prendre un petit déjeuner. Puis, je vais en taxi
au terminal sud pour prendre un minibus qui m’emmènera à Jardin. C'est un petit
village à 150 kilomètres au sud qui, paraît-il, vaut le coup d'œil. Ce n'est
pas encore trop touristique dit-on. La route est magnifique. Des pâturages de
montagnes tout le long et les premières plantations de café. Ça tourne pas mal
mais la route est tellement jolie qu'on ne voit pas passer les trois heures de
voyage. On change de bus à Andes, je ne sais pas trop pourquoi ? Puis arrivé
sur la place du village, je cherche un hôtel. Le premier est complet mais celui
d'à côté a une chambre au premier étage avec un balcon qui donne sur la place.
C'est sympa mais bruyant. Surtout qu'ici, tous les habitants du village
viennent faire la causette l'après-midi sur la place. Il y a des chaises en
bois installées partout. Les cowboys et leurs chevaux sont de la partie. C'est
très campagnard. Je ne distingue que très peu de touristes. Le village est très
vivant. Il y certes quelques boutiques touristiques mais surtout des échoppes
de petits artisans locaux, cordonniers, coiffeurs, bouchers, tailleurs, etc…
Bref, un village colombien qui n'a pas perdu son âme. Je vais déjeuner dans un
restaurant situé sur la place. Une bonne truite. L’orage gronde et la pluie
tombe fort. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu. Un petit tour à l'office
du tourisme où une demoiselle me conseille certaines randonnées à faire à pieds
pour demain. On me propose aussi d'aller faire un petit tour en bas du village,
dans une espèce de réserve pour voir de drôles d'oiseaux à col rouge qui
viennent du Pérou. J'y vais. J'ai un peu de mal à trouver. Heureusement, les cantonniers
du coin m’indiquent le chemin. C'est en fait dans le jardin d'une maison en
construction. La dame nous fait payer un prix assez élevé pour ce qu'il y a à
voir. Mais maintenant que je suis là, je ne vais pas repartir. On aperçoit
effectivement quelques beaux oiseaux mais ils sont trop loin pour que je puisse
les prendre convenablement en photos. Et puis, la nuit tombe.

Je ne sais pas trop quoi
faire aujourd'hui. Le gars de l'hôtel me conseille d’aller voir le parc d’Arvi.
Il paraît que ça vaut vraiment le coup. Pourquoi pas ? Pour y aller, il faut
prendre le métro et le téléphérique. Le téléphérique grimpe sur la montagne
juste au-dessus des toits des bidonvilles. C'est assez impressionnant. Les vues
sont magnifiques. Les touristes colombiens qui montent avec moi sont morts de
trouille. Le premier téléphérique est gratuit car c'est une continuité du
métro. Le second est privé, donc payant. Il passe au-dessus de la montagne puis
survole la forêt jusqu'à l'entrée du parc. Je marche un peu au hasard. Il n'y a
pas vraiment de chemin indiqué. Je rencontre Caroline, une colombienne de
Medellin et son ami mexicain, Israël. Il est en vacances ici pour deux
semaines. Elle est sans emploi pour le moment. Elle en profite pour lui servir
de guide. Tous deux sont très sympas. Nous buvons un coup à la buvette puis
regagnons le centre-ville par le téléphérique. Je les laisse au parc botanique
que je veux visiter. Le parc n'a rien d'extraordinaire mais il est
rafraîchissant et reposant. Il est surtout réputé pour ses orchidées. Je
retourne à l'hôtel en métro. Ce fut une bonne journée bien remplie.

Ce matin, je
ne sais pas trop par quoi commencer ? Je vais tout d'abord prendre mon petit
déjeuner dehors, sur la terrasse d'une buvette qui donne sur un boulevard très
passant. Comme souvent lorsque j’arrive dans une nouvelle ville, je veux monter
sur une hauteur pour découvrir les lieux. Il y a, au centre de Medellin, une
petite colline, El cerro de Nutibara, qui permet d'avoir un beau panorama sur
la ville. Je prends d'abord le métro. C'est un train, parfois suspendu, qui va
du nord au sud de la ville. Il y a aussi un bout de ligne qui va d’est en
ouest. C'est assez pratique car il y a beaucoup de bouchons à Medellin. Arrivé
au pied de la colline, j'ai la flemme d’y monter à pieds. Il commence à faire
chaud et Medellin n'est pas vraiment une ville pour les piétons. Se sont de
larges avenues très passantes et bruyantes. Je prends donc un taxi pour
m’emmener jusqu’en haut. C’est très touristique. Ils ont recréé un petit
village rempli de boutiques pour touristes. Mais le belvédère est intéressant.
Il permet d’avoir une vue complète sur la ville. Il y a des immeubles partout,
même sur les flancs des montagnes. Medellin est installée dans une grande
vallée. En voulant redescendre, je tombe sur un bus touristique qui fait le
tour de la ville. C’est parfait pour découvrir les endroits intéressants. Je le
prends. Il me ramène au quartier Del Poblado, le quartier où je loge, puis dans
le centre, sur la place Botero. Là, sont exposées un bon nombre de sculptures
de l’artiste. Je me promène un peu dans le quartier. Beaucoup de commerces mais
rien de transcendantal. Medellin est une ville moderne. Il n'y a pas vraiment
de quartier historique. Comme si la ville avait été reconstruite après un
bombardement ou un tremblement de terre. Tout a été conçu pour la circulation
des véhicules et peu pour les piétons. On a donc peu de plaisir à marcher.
C'est sans doute une ville agréable pour y vivre mais pas vraiment pour les randonneurs.
Je déjeune vite fait dans un restaurant qui a une terrasse au premier étage
d’une rue piétonne, ce qui me permet de regarder les gens passer. J'achète un
petit couteau à un petit vendeur car à cause des confiscations dans l'avion, je
n'en emporte jamais. Puis, je reprends mon bus touristique. Les arrêts suivants
ne sont pas très intéressants. L'Université et le stade. Je visite un peu mais
sans plus. Puis, nous retournons au Cerro del Nutibara. Je prends de nouvelles
photos car la lumière a changé. Puis le bus nous conduit jusqu'au centre
commercial de Santa Fé. C'est le terminus. Je me renseigne pourquoi nous
n'allons pas jusqu'à Poblado ? On me répond qu'à partir d'une certaine heure
les bus n'ont plus le droit d'accéder à ce quartier. Il faut donc que je marche
dix petites minutes pour rejoindre mon hôtel. Poblado est le quartier bobo de
Medellin, et ça se voit.

Je serai
bien resté une journée de plus ici car l'endroit me plaît bien mais le temps
passe vite. Il faut maintenant que je me déplace vers Medellin. Je me renseigne
sur Internet, il y a un bus qui part à 10 heures et qui arrive vers 18 heures.
Ça va être une longue journée de bus. Un taxi m'emmène jusqu'au terminal. Très
bien foutue cette gare routière. Bien organisée, avec les endroits pour boire
un coup ou attendre tranquillement. C'est finalement un petit minibus qui me
transportera. Ce n’est pas plus mal. On y voit mieux et c'est plus rapide. Les
paysages changent beaucoup. Ce sont de grands pâturages verts à perte de vue.
Des vaches et quelques cowboys. Très peu de champs cultivés, à part de temps en
temps de la canne à sucre. On a droit à deux films américains stupides avec
Bruce Willis et Vine Diesel. De la violence et des cascades à gogo.
Heureusement mes écouteurs me permettent d'écouter de la musique sans être
dérangé par ces navets. À mi-chemin, nous nous arrêtons pour manger dans un
resto routier. À la remontée dans le bus, deux flics contrôlent l'identité des
colombiens. J'ai l'impression que c'est assez fréquent ici. Moi, ils ne me
demandent rien. Je ne dois pas les intéresser. Encore un accident de moto sur
la route. Faut dire que certains conduisent vraiment très mal. Au trois quarts
du chemin, arrêt complet sur une route de montagne. On nous dit qu'il y a eu un
problème un peu plus loin. Je n'ai pas très bien compris quoi exactement. La
circulation est bloquée depuis quatre heures. Il parait qu’une grue est en
train de déblayer le passage. Cela provoque un immense bouchon dans les deux
sens. Des énormes camions se frôlent en se croisant. On met plus d'une heure et
demi pour sortir de ce guêpier. Nous longeons un rio tumultueux. Beaucoup de
barrages hydroélectriques. Arrivé au terminal de Medellin, je prends un taxi
qui m'emmène à un hôtel que j'avais repéré dans mon guide. Il est situé dans un
endroit calme et chic. Par contre, il est rempli de jeunes routards anglophones
et ça, j'aime moins.

Il fait
encore un super temps ce matin. En allant prendre mon petit déjeuner dans le
petit restaurant d'à côté, j'entends un bruit de fanfare sur la place. Nous
sommes dimanche et il y a un défilé. Tout la société est représentée. Les
enfants, les associations, les fanfares, les flics, les pompiers et les
militaires. Mais ça reste familial et bon enfant. Je prends quelques photos,
puis vais prendre mon petit déjeuner, prépare mon sac puis vais prendre mon
bus. Je veux aller à Giron, dans le nord près de Bucaramanga. En fait, mon
objectif est d'aller à Medellin et il faut passer par Bucaramanga. Or Bucaramanga
n'a rien d'extraordinaire à ce qu'il parait. C'est une grande ville
industrielle. J’opte donc pour Giron, un petit village à côté, beaucoup plus
sympathique à ce que j’ai lu. Le minibus me ramène donc à la gare routière du
centre de San Gil. Je dois marcher un peu jusqu'au malecon pour trouver un
autre minibus pour Bucaramanga. La route passe dans la montagne. Panoramas
fabuleux sur les canyons et les énormes rios en fond de vallées. Dommage que l'on soit à contre-jour, mais
c'est impressionnant tout de même. La route tourne énormément. Certains
passagers ont mal au cœur. Les sacs plastiques circulent à l'intérieur du bus.
Finalement, le voyage est assez rapide. Nous arrivons à Bucaramanga vers 13
heures. Grâce à mon GPS, je demande au chauffeur de m'arrêter sur la route,
tout proche de Giron. Ça m'évite un aller-retour inutile. De là, je prends un
taxi qui m'emmène jusqu'au centre-ville. C'est très animé et il y a plein de
monde dans les rues. C'est la balade dominicale familiale. Je trouve une
chambre dans un charmant hôtel de style colonial qui donne directement sur la place
centrale. En plus, il fait restaurant. J'en profite pour prendre le menu du
jour. J'ai très faim. Puis, je vais me promener un peu au hasard dans les rues.
Il fait chaud, ça cogne un peu. Il y a un air de kermesse. Les bistrots sont
pleins, les échoppes de sucrerie et souvenirs envahissent les trottoirs. Pas un
touriste à l'horizon. Ambiance colombienne et familiale. Sympa. L'ambiance de
fête dure jusqu'à 20 heures puis ça se calme. Il est temps d'aller dormir.

La nuit prochaine,
il va falloir que je sorte la moustiquaire. Les moustiques sont coriaces ici. Je
me suis fait piquer partout. Je prends mon petit déjeuner dans le petit boui-boui
à côté. Des tortillas au maïs. Avec les œufs brouillés, c'est super bon. Ce
matin, il fait très beau, pas un nuage à l'horizon. Le ciel est tout bleu. Je
veux marcher jusqu'au petit village de Guane, à une dizaine de kilomètres d’ici.
Le chemin pavé est très facile à suivre. En plus, il descend presque tout le
temps. Par contre, il fait déjà très chaud et il est à peine 9 heures. Les paysages
sont beaucoup plus secs. Mais c'est joli quand même. Il y a pleins de belles
photos à faire. Il n'y a quasiment aucun marcheur. Je dépasse seulement deux
filles belges et leur guide. Au milieu du parcours, nous nous arrêtons dans une
ferme boire une bière fraîche. Ça fait un bien fou. De là, il y a un très beau
panorama sur les montagnes d'en face. C'est un petit garçon qui me montre le
chemin jusqu'au belvédère. Puis c'est la descente sur le petit village de
Guane. C'est très petit mais bien typique. Il y a plusieurs petits restaurants.
Sur les conseils du guide des belges, je vais dans celui prêt de la place. On
me sert un plat de chèvre. C'est délicieux mais il y en a beaucoup trop. Je
n'en mange que la moitié sinon, je vais exploser. Et puis il fait tellement
chaud que je n'ai pas trop d'appétit. Je remonte à Barichara par le petit bus
local. Je ne me voyais pas refaire toute la montée sous ce caniar. Je rentre à mon
hôtel pour prendre une bonne douche et faire une petite sieste. Le soir, je
vais prendre quelques photos de nuit dans le village. Il y a pas mal de monde
attablé aux bars ou aux restaurants. Normal, on est samedi soir.

Finalement, malgré le vacarme
de la rue, j'ai plutôt bien dormi. Je devais être bien crevé. Peut-être que la
température plus haute d'une dizaine de degrés y est pour quelque-chose ? Je
prends mon petit déjeuner sur la terrasse avec une vue magnifique sur les toits
de la ville. Comme je suis à San Gil, je vais en profiter pour visiter un peu
la ville. San Gil, c'est le centre colombien des activités d'aventures
sportives. Parapente, canyoning, vélo, escalade, etc… Moi, tous ces trucs, ça
ne me branche pas trop. Je passe voir la place centrale et sa cathédrale. Il y
a beaucoup de monde qui papote sur les bancs. C'est assez vivant et très
colombien. Très peu de touristes ici. Je marche jusqu'au bout de la ville pour
aller visiter un parc botanique. Je suis presque tout seul. Ce parc est
magnifique. Il y a plein de fleurs et d'arbres étranges. C'est très propre. Je
pourrai y rester une journée entière. Il y a aussi quelques animaux. Des
énormes perroquets et des petits écureuils pas trop farouches. C'est un parc en
plein milieu de la ville mais on a l'impression de se balader en pleine jungle.
Je retourne en ville en passant par le centre commercial. Je cherche deux
chemises. Mes polos sont trop chauds pour ici. Ce sont des boutiques de luxes
et les prix sont identiques à ceux qu'on trouve en France. Je vais plutôt faire
un tour au marché. Et j'ai bien fait car je trouve trois chemises de surplus
impeccables pour à peine six euros. En revenant vers l'hôtel, je tombe sur un
petit restaurant qui sert du cochon de lait. Une dame me propose d’y goûter.
C'est délicieux. C'est un mélange de cochon, de riz, de maïs et d'herbes. J'en
prends une assiette complète. Je me régale. Puis je vais chercher mon sac à
l'hôtel et vais à la petite gare routière du centre qui est juste à côté. Je
veux aller à Barichara, un chouette petit village situé à une vingtaine de
kilomètres de là. Il faut trois quart d'heure de route de montagne pour y
parvenir. L'hôtel que j'avais repéré est complet. Je me rabats donc sur un
autre près de la place du village plus sommaire mais tout à fait convenable et pas
cher. Je prends la chambre au fond de la cour pour être tranquille. Je fais un
peu de lessive et prends une bonne douche. Il fait lourd. Ça sent l'orage. Je
vais me promener dans le village. Il n'y a pas grand monde. Quelques militaires
en armes qui font un peu flipper et des enfants qui sortent de l'école. Je fais
mes repérages pour demain. Un peu de lecture dans le hamac. Les moustiques sont
de retour.

Un dernier
petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, avec un magnifique panorama sur la
montagne, puis c'est le départ. J'attends un peu sur la place du village le
départ du minibus. Arrivé à la gare routière de Sogamoso, j'apprends qu'il faut
attendre deux heures et demi pour le bus de San Gil. Je vais en profiter pour
aller visiter un peu la ville. Je laisse mon sac au guichet de la gare. La
ville n'a rien d’extraordinaire. On peut même dire qu'elle n'est pas très
jolie. Les bâtiments sont modernes et moches, mal finis. La place centrale est
quelconque. Idem pour l'église. Je marche un peu plus loin pour aller visiter
le musée de l'histoire des indiens muiscas. Je suis le seul visiteur. Tout le
musée pour moi. Intéressant, sans plus. Beaucoup de poteries, d’outils
primitifs, quelques momies bien conservées et des habitats grandeur nature.
L'heure tourne, je retourne au terminal de bus. Notre bus est grand et
confortable. Le voyage est très long. Nous rebroussement chemin jusqu'à Nunja
pour repartir vers le nord. La route de montagne est splendide mais qu'est-ce
qu'elle tourne. De l'autre côté du col, grosse averse. Mais il parait qu'ici,
il pleut tous les jours. Sur la fin, j'en ai presque mal au cœur. Vivement la
fin du voyage. On arrive vers 19 heures à San Gil. Je ne trouverai plus de bus
pour Barichara à cette heure-là. Je me résous à trouver un hôtel pas trop loin
de la gare routière du centre d'où partent les minibus pour Barichara. J'en
trouve un plutôt propre et moderne mais aussi très bruyant. La circulation est
dense dans le secteur et les vitres des fenêtres sont en papier de cigarettes.
Les boules Quiès vont être indispensables si je veux fermer l'œil de la nuit.
Par contre, il y a une terrasse très agréable au dernier étage. Pas d'eau
chaude dans la douche mais j'y arrive quand même. Comme nous sommes descendus à
1 100 m, il fait beaucoup plus chaud ici.

Aujourd'hui, j'ai envie de
marcher un peu dans la campagne. Il paraît que c'est sans danger. Je passe à
l'Office du Tourisme pour savoir quels chemins prendre. J’y rencontre deux
colombiens, Juan-Carlos et son oncle Olimpo. Tous les deux m'ont l'air très
sympas. Ils me proposent de marcher ensemble. Avec plaisir. On nous propose
plusieurs balades. Olimpo est plutôt tenté pour aller jusqu'à la cascade. Il
paraît que le chemin est joli. Va pour la cascade. C'est à peine à deux heures
de marche. En marchant nous discutons beaucoup. Juan-Carlos travaille avec sa
famille au Belize, un petit pays d'Amérique centrale. Il est ingénieur
chimiste. Il est déjà allé un peu partout en Europe. En Italie, en Espagne, en
Allemagne et aussi à Paris. Il a deux enfants de 8 et 7 ans. Olimpo habite à
Neiva, dans le sud de la Colombie. C'est un artiste. Il fait du théâtre et de
la sculpture de temps en temps. Il a 66 ans mais ne les fait pas. Il marche
très bien et à l'air d'avoir une sacrée pêche pour son age. Il doit avoir des
racines muisca, les indiens de Colombie, car il parle souvent de leur culture.
Je les comprends assez bien et on rigole bien ensemble. Nous perdons notre
chemin plusieurs fois mais en demandant aux paysans du coin nous finissons par
trouver cette fameuse cascade. L'endroit est plutôt joli. Olimpo en profite
pour allumer un énorme cigare local qu'il fume avec délectation. Il a un côté
mystique assez marrant. Il rabat la fumée de son cigare sur son visage car,
dit-il, c'est bon pour son karma. Puis les gros nuages menaçants arrivent. Nous
rebroussons chemin. Les paysages sont vraiment magnifiques. Je prends plein de
jolies photos. Un vrai plaisir. Rentrés au village, nous buvons ensemble un jus
de fruit dans un petit café de la place puis nous nous disons au revoir en nous
échangeant nos adresses. Ce serait sympa de se revoir. Moi, je retourne à
l'hôtel manger un morceau. Eux rentrent en voiture à Samogoso où ils logent
chez la mère de Juan-Carlos. Après mon repas, je retourne sur la place visiter
le couvent. Ils viennent de le réhabiliter complètement. J'adore ces endroits
remplis d'histoires. Je sympathise avec un photographe colombien qui vient
faire quelques clichés de l'intérieur avec du sacré matos. Puis je vais marcher
sur la colline en face du village. Magnifique panorama et très belles photos.
Sur le chemin du retour, je m'arrête dans une petite épicerie pour acheter
quelques fruits pour ce soir. Il faut que je mange peu le soir pour mieux
dormir.

Voilà, j'ai bien profité de
Villa de Leyva, il est temps que je change de crèmerie. Je vais aller au petit
village de montagne pittoresque de Mongui, situé à 160 kilomètres de là, vers
l'est. La grande place de Villa Leyva est quasiment déserte. Je me rends à la
gare routière à pieds qui est vraiment proche du centre. Je trouve un minibus
qui m'emmènera à Tunja. De là, il faudra que j'en trouve un autre pour
Sogamoso, puis un autre pour Mongui. Je fais la connaissance d'Andrès. À croire
qu'ils s'appellent tous Andrés ici. Il est avocat et a vécu 18 mois à Toulouse.
Il parle très bien français, avec un fort accent sud-américain, bien entendu.
Il est vraiment très sympa et m'explique plein de choses sur la Colombie. Comme
nous sympathisons, il me propose d'aller boire un café ensemble à Tunja. Un
vrai café comme il dit, aps celui pour les touristes. Au paravent, nous passons
à l'Université catholique où il est professeur de droit pour qu'il puisse
déposer ses affaires. Il en profite pour me faire visiter l'Université et la
belle église qui est à côté. Puis nous allons prendre un café ensemble sur la
grande place de la ville. Ici pas de touristes, que des colombiens. Andrés
connait tout le monde. Il n'arrête pas de me présenter à ses amis. Puis nous
nous quittons en échangeant nos mails. Il me conseille d'aller visiter la
maison du fondateur située juste à côté de la cathédrale. Ce que je vais faire.
Il m'indique la route pour la gare routière puis nous nous disons au revoir.
Vraiment très sympa ce type. Je le remercie pour son accueil chaleureux. Pour
la visite de la Casa del Fundator, une charmante dame me fait remplir un papier
puis me fait visiter les lieux pour moi tout seul. C'est la demeure du mec qui
a fondé la ville au 17ème siècle. Je ne me souviens plus de son nom ? J'adore
ces endroits chargés d'histoire. Il y a de jolies peintures sur les plafonds
représentant des scènes de la bible. La plus part du mobilier est d'époque. À
la fin de la visite, je glisse un petit billet à ma guide et je vais voir
l'intérieur de la cathédrale. Puis je vais à la gare routière qui se trouve en
bas de la ville prendre mon bus pour Mongui. Je fais la connaissance d'un
routard espagnol. Il est instituteur à Pampelune et vient du Mexique. Il y a à
peine 14 kilomètres de route de montagne pour atteindre le charmant petit
village de Mongui. J'ai un peu du mal à trouver l'hôtel décrit dans mon guide. Au
détour d’une ruelle, je tombe par hasard sur le tournage d’un film. Une fille
doit descendre la rue en bicyclette. J’ai l’impression que c’est la première
fois qu’elle monte sur un vélo. Elle n’a pas l’air à l’aise du tout. Pour
filmer, ils ont bloqué toute la rue. Je suis obligé de faire un détour.
Finalement, je trouve un autre hôtel pas trop mal près de la place centrale qui
me propose une chambre avec une vue incroyable sur la vallée. Il fait aussi
restaurant. J'en profite pour manger un morceau. Je n’ai rien mangé depuis ce
matin. Puis je vais me promener un peu dans le village. Je tombe sur un petit
atelier qui fabrique des ballons de football en cuir. Il paraît que c'est la
spécialité du village. Un gars très sympa m'explique le processus de fabrication.
Très intéressant. Lors de ma promenade, je croise trois gamins qui me réclament
quelques pièces. Bien entendu, je refuse. Je ne donne jamais d’argent aux
enfants. C'est le problème des coins touristiques, surtout fréquentés par des
touristes américains, qui pensent faire une bonne action en filant du pognon ou
des bonbons. Ils ne se rendent pas compte des dégâts qu'ils peuvent faire. La
nuit tombée, il commence à faire froid. Nous sommes à 2 900 mètres d'altitude.
Je rentre à l'hôtel me réchauffer.

Impossible de refermer le
robinet de la douche. L’eau coule sans s’arrêter. J'ai eu beau prévenir, un
type ne vient s'en occuper qu'au bout d'une demi-heure. Bonjour le gaspillage…
Ce matin, je vais monter sur la colline d’en face pour avoir une vue sur la
ville. Le village est désert. Rien à voir avec l'afflux des touristes d'hier.
La montée est raide. Je souffle. Il faut dire qu'on est environ à 2 500 mètres
d'altitude. La vue de là-haut est superbe. Il y a un petit belvédère avec une
statue de christ tout blanc. On voit toute la vallée, les montagnes
environnantes et la ville en contrebas. Un autre marcheur arrive peu de temps
après moi. Nous discutons un peu. Il s'appelle Andrés, il est architecte et
travaille ici. Il a l'air sympa. Puis, c'est la descente. Je suis surpris de ne
voir aucun papier par terre. J'ai l'impression que les colombiens sont attachés
à la propreté. Comme il est encore tôt, je décide d’aller faire un tour au
musée paléontologique situé à deux kilomètres de marche du centre.
Malheureusement, lorsque j’arrive devant le musée, je m'aperçois qu’il est
fermé le lundi. Pas de chance. Sur la route du retour, je déjeune dans un petit
resto colombien au bord de la route. Un repas complet pour à peine trois euros.
Très correct pour le prix. Malgré le vent, je m’installe dehors. Un gros matou
me dévore des yeux pour que je lui refile mes restes. Les nerfs du foie de veau
feront l'affaire. Je crois que je me suis fait un nouveau copain. Je retourne à
l'hôtel pour faire un peu de lessive et bouquiner un peu.