dimanche 7 août 2016

Giron


Il fait encore un super temps ce matin. En allant prendre mon petit déjeuner dans le petit restaurant d'à côté, j'entends un bruit de fanfare sur la place. Nous sommes dimanche et il y a un défilé. Tout la société est représentée. Les enfants, les associations, les fanfares, les flics, les pompiers et les militaires. Mais ça reste familial et bon enfant. Je prends quelques photos, puis vais prendre mon petit déjeuner, prépare mon sac puis vais prendre mon bus. Je veux aller à Giron, dans le nord près de Bucaramanga. En fait, mon objectif est d'aller à Medellin et il faut passer par Bucaramanga. Or Bucaramanga n'a rien d'extraordinaire à ce qu'il parait. C'est une grande ville industrielle. J’opte donc pour Giron, un petit village à côté, beaucoup plus sympathique à ce que j’ai lu. Le minibus me ramène donc à la gare routière du centre de San Gil. Je dois marcher un peu jusqu'au malecon pour trouver un autre minibus pour Bucaramanga. La route passe dans la montagne. Panoramas fabuleux sur les canyons et les énormes rios en fond de vallées.  Dommage que l'on soit à contre-jour, mais c'est impressionnant tout de même. La route tourne énormément. Certains passagers ont mal au cœur. Les sacs plastiques circulent à l'intérieur du bus. Finalement, le voyage est assez rapide. Nous arrivons à Bucaramanga vers 13 heures. Grâce à mon GPS, je demande au chauffeur de m'arrêter sur la route, tout proche de Giron. Ça m'évite un aller-retour inutile. De là, je prends un taxi qui m'emmène jusqu'au centre-ville. C'est très animé et il y a plein de monde dans les rues. C'est la balade dominicale familiale. Je trouve une chambre dans un charmant hôtel de style colonial qui donne directement sur la place centrale. En plus, il fait restaurant. J'en profite pour prendre le menu du jour. J'ai très faim. Puis, je vais me promener un peu au hasard dans les rues. Il fait chaud, ça cogne un peu. Il y a un air de kermesse. Les bistrots sont pleins, les échoppes de sucrerie et souvenirs envahissent les trottoirs. Pas un touriste à l'horizon. Ambiance colombienne et familiale. Sympa. L'ambiance de fête dure jusqu'à 20 heures puis ça se calme. Il est temps d'aller dormir.

samedi 6 août 2016

Barichara


La nuit prochaine, il va falloir que je sorte la moustiquaire. Les moustiques sont coriaces ici. Je me suis fait piquer partout. Je prends mon petit déjeuner dans le petit boui-boui à côté. Des tortillas au maïs. Avec les œufs brouillés, c'est super bon. Ce matin, il fait très beau, pas un nuage à l'horizon. Le ciel est tout bleu. Je veux marcher jusqu'au petit village de Guane, à une dizaine de kilomètres d’ici. Le chemin pavé est très facile à suivre. En plus, il descend presque tout le temps. Par contre, il fait déjà très chaud et il est à peine 9 heures. Les paysages sont beaucoup plus secs. Mais c'est joli quand même. Il y a pleins de belles photos à faire. Il n'y a quasiment aucun marcheur. Je dépasse seulement deux filles belges et leur guide. Au milieu du parcours, nous nous arrêtons dans une ferme boire une bière fraîche. Ça fait un bien fou. De là, il y a un très beau panorama sur les montagnes d'en face. C'est un petit garçon qui me montre le chemin jusqu'au belvédère. Puis c'est la descente sur le petit village de Guane. C'est très petit mais bien typique. Il y a plusieurs petits restaurants. Sur les conseils du guide des belges, je vais dans celui prêt de la place. On me sert un plat de chèvre. C'est délicieux mais il y en a beaucoup trop. Je n'en mange que la moitié sinon, je vais exploser. Et puis il fait tellement chaud que je n'ai pas trop d'appétit. Je remonte à Barichara par le petit bus local. Je ne me voyais pas refaire toute la montée sous ce caniar. Je rentre à mon hôtel pour prendre une bonne douche et faire une petite sieste. Le soir, je vais prendre quelques photos de nuit dans le village. Il y a pas mal de monde attablé aux bars ou aux restaurants. Normal, on est samedi soir.

vendredi 5 août 2016

San Gil

Finalement, malgré le vacarme de la rue, j'ai plutôt bien dormi. Je devais être bien crevé. Peut-être que la température plus haute d'une dizaine de degrés y est pour quelque-chose ? Je prends mon petit déjeuner sur la terrasse avec une vue magnifique sur les toits de la ville. Comme je suis à San Gil, je vais en profiter pour visiter un peu la ville. San Gil, c'est le centre colombien des activités d'aventures sportives. Parapente, canyoning, vélo, escalade, etc… Moi, tous ces trucs, ça ne me branche pas trop. Je passe voir la place centrale et sa cathédrale. Il y a beaucoup de monde qui papote sur les bancs. C'est assez vivant et très colombien. Très peu de touristes ici. Je marche jusqu'au bout de la ville pour aller visiter un parc botanique. Je suis presque tout seul. Ce parc est magnifique. Il y a plein de fleurs et d'arbres étranges. C'est très propre. Je pourrai y rester une journée entière. Il y a aussi quelques animaux. Des énormes perroquets et des petits écureuils pas trop farouches. C'est un parc en plein milieu de la ville mais on a l'impression de se balader en pleine jungle. Je retourne en ville en passant par le centre commercial. Je cherche deux chemises. Mes polos sont trop chauds pour ici. Ce sont des boutiques de luxes et les prix sont identiques à ceux qu'on trouve en France. Je vais plutôt faire un tour au marché. Et j'ai bien fait car je trouve trois chemises de surplus impeccables pour à peine six euros. En revenant vers l'hôtel, je tombe sur un petit restaurant qui sert du cochon de lait. Une dame me propose d’y goûter. C'est délicieux. C'est un mélange de cochon, de riz, de maïs et d'herbes. J'en prends une assiette complète. Je me régale. Puis je vais chercher mon sac à l'hôtel et vais à la petite gare routière du centre qui est juste à côté. Je veux aller à Barichara, un chouette petit village situé à une vingtaine de kilomètres de là. Il faut trois quart d'heure de route de montagne pour y parvenir. L'hôtel que j'avais repéré est complet. Je me rabats donc sur un autre près de la place du village plus sommaire mais tout à fait convenable et pas cher. Je prends la chambre au fond de la cour pour être tranquille. Je fais un peu de lessive et prends une bonne douche. Il fait lourd. Ça sent l'orage. Je vais me promener dans le village. Il n'y a pas grand monde. Quelques militaires en armes qui font un peu flipper et des enfants qui sortent de l'école. Je fais mes repérages pour demain. Un peu de lecture dans le hamac. Les moustiques sont de retour.

jeudi 4 août 2016

Sogamoso


Un dernier petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, avec un magnifique panorama sur la montagne, puis c'est le départ. J'attends un peu sur la place du village le départ du minibus. Arrivé à la gare routière de Sogamoso, j'apprends qu'il faut attendre deux heures et demi pour le bus de San Gil. Je vais en profiter pour aller visiter un peu la ville. Je laisse mon sac au guichet de la gare. La ville n'a rien d’extraordinaire. On peut même dire qu'elle n'est pas très jolie. Les bâtiments sont modernes et moches, mal finis. La place centrale est quelconque. Idem pour l'église. Je marche un peu plus loin pour aller visiter le musée de l'histoire des indiens muiscas. Je suis le seul visiteur. Tout le musée pour moi. Intéressant, sans plus. Beaucoup de poteries, d’outils primitifs, quelques momies bien conservées et des habitats grandeur nature. L'heure tourne, je retourne au terminal de bus. Notre bus est grand et confortable. Le voyage est très long. Nous rebroussement chemin jusqu'à Nunja pour repartir vers le nord. La route de montagne est splendide mais qu'est-ce qu'elle tourne. De l'autre côté du col, grosse averse. Mais il parait qu'ici, il pleut tous les jours. Sur la fin, j'en ai presque mal au cœur. Vivement la fin du voyage. On arrive vers 19 heures à San Gil. Je ne trouverai plus de bus pour Barichara à cette heure-là. Je me résous à trouver un hôtel pas trop loin de la gare routière du centre d'où partent les minibus pour Barichara. J'en trouve un plutôt propre et moderne mais aussi très bruyant. La circulation est dense dans le secteur et les vitres des fenêtres sont en papier de cigarettes. Les boules Quiès vont être indispensables si je veux fermer l'œil de la nuit. Par contre, il y a une terrasse très agréable au dernier étage. Pas d'eau chaude dans la douche mais j'y arrive quand même. Comme nous sommes descendus à 1 100 m, il fait beaucoup plus chaud ici.

mercredi 3 août 2016

Mongui

Aujourd'hui, j'ai envie de marcher un peu dans la campagne. Il paraît que c'est sans danger. Je passe à l'Office du Tourisme pour savoir quels chemins prendre. J’y rencontre deux colombiens, Juan-Carlos et son oncle Olimpo. Tous les deux m'ont l'air très sympas. Ils me proposent de marcher ensemble. Avec plaisir. On nous propose plusieurs balades. Olimpo est plutôt tenté pour aller jusqu'à la cascade. Il paraît que le chemin est joli. Va pour la cascade. C'est à peine à deux heures de marche. En marchant nous discutons beaucoup. Juan-Carlos travaille avec sa famille au Belize, un petit pays d'Amérique centrale. Il est ingénieur chimiste. Il est déjà allé un peu partout en Europe. En Italie, en Espagne, en Allemagne et aussi à Paris. Il a deux enfants de 8 et 7 ans. Olimpo habite à Neiva, dans le sud de la Colombie. C'est un artiste. Il fait du théâtre et de la sculpture de temps en temps. Il a 66 ans mais ne les fait pas. Il marche très bien et à l'air d'avoir une sacrée pêche pour son age. Il doit avoir des racines muisca, les indiens de Colombie, car il parle souvent de leur culture. Je les comprends assez bien et on rigole bien ensemble. Nous perdons notre chemin plusieurs fois mais en demandant aux paysans du coin nous finissons par trouver cette fameuse cascade. L'endroit est plutôt joli. Olimpo en profite pour allumer un énorme cigare local qu'il fume avec délectation. Il a un côté mystique assez marrant. Il rabat la fumée de son cigare sur son visage car, dit-il, c'est bon pour son karma. Puis les gros nuages menaçants arrivent. Nous rebroussons chemin. Les paysages sont vraiment magnifiques. Je prends plein de jolies photos. Un vrai plaisir. Rentrés au village, nous buvons ensemble un jus de fruit dans un petit café de la place puis nous nous disons au revoir en nous échangeant nos adresses. Ce serait sympa de se revoir. Moi, je retourne à l'hôtel manger un morceau. Eux rentrent en voiture à Samogoso où ils logent chez la mère de Juan-Carlos. Après mon repas, je retourne sur la place visiter le couvent. Ils viennent de le réhabiliter complètement. J'adore ces endroits remplis d'histoires. Je sympathise avec un photographe colombien qui vient faire quelques clichés de l'intérieur avec du sacré matos. Puis je vais marcher sur la colline en face du village. Magnifique panorama et très belles photos. Sur le chemin du retour, je m'arrête dans une petite épicerie pour acheter quelques fruits pour ce soir. Il faut que je mange peu le soir pour mieux dormir.

mardi 2 août 2016

Tunja

Voilà, j'ai bien profité de Villa de Leyva, il est temps que je change de crèmerie. Je vais aller au petit village de montagne pittoresque de Mongui, situé à 160 kilomètres de là, vers l'est. La grande place de Villa Leyva est quasiment déserte. Je me rends à la gare routière à pieds qui est vraiment proche du centre. Je trouve un minibus qui m'emmènera à Tunja. De là, il faudra que j'en trouve un autre pour Sogamoso, puis un autre pour Mongui. Je fais la connaissance d'Andrès. À croire qu'ils s'appellent tous Andrés ici. Il est avocat et a vécu 18 mois à Toulouse. Il parle très bien français, avec un fort accent sud-américain, bien entendu. Il est vraiment très sympa et m'explique plein de choses sur la Colombie. Comme nous sympathisons, il me propose d'aller boire un café ensemble à Tunja. Un vrai café comme il dit, aps celui pour les touristes. Au paravent, nous passons à l'Université catholique où il est professeur de droit pour qu'il puisse déposer ses affaires. Il en profite pour me faire visiter l'Université et la belle église qui est à côté. Puis nous allons prendre un café ensemble sur la grande place de la ville. Ici pas de touristes, que des colombiens. Andrés connait tout le monde. Il n'arrête pas de me présenter à ses amis. Puis nous nous quittons en échangeant nos mails. Il me conseille d'aller visiter la maison du fondateur située juste à côté de la cathédrale. Ce que je vais faire. Il m'indique la route pour la gare routière puis nous nous disons au revoir. Vraiment très sympa ce type. Je le remercie pour son accueil chaleureux. Pour la visite de la Casa del Fundator, une charmante dame me fait remplir un papier puis me fait visiter les lieux pour moi tout seul. C'est la demeure du mec qui a fondé la ville au 17ème siècle. Je ne me souviens plus de son nom ? J'adore ces endroits chargés d'histoire. Il y a de jolies peintures sur les plafonds représentant des scènes de la bible. La plus part du mobilier est d'époque. À la fin de la visite, je glisse un petit billet à ma guide et je vais voir l'intérieur de la cathédrale. Puis je vais à la gare routière qui se trouve en bas de la ville prendre mon bus pour Mongui. Je fais la connaissance d'un routard espagnol. Il est instituteur à Pampelune et vient du Mexique. Il y a à peine 14 kilomètres de route de montagne pour atteindre le charmant petit village de Mongui. J'ai un peu du mal à trouver l'hôtel décrit dans mon guide. Au détour d’une ruelle, je tombe par hasard sur le tournage d’un film. Une fille doit descendre la rue en bicyclette. J’ai l’impression que c’est la première fois qu’elle monte sur un vélo. Elle n’a pas l’air à l’aise du tout. Pour filmer, ils ont bloqué toute la rue. Je suis obligé de faire un détour. Finalement, je trouve un autre hôtel pas trop mal près de la place centrale qui me propose une chambre avec une vue incroyable sur la vallée. Il fait aussi restaurant. J'en profite pour manger un morceau. Je n’ai rien mangé depuis ce matin. Puis je vais me promener un peu dans le village. Je tombe sur un petit atelier qui fabrique des ballons de football en cuir. Il paraît que c'est la spécialité du village. Un gars très sympa m'explique le processus de fabrication. Très intéressant. Lors de ma promenade, je croise trois gamins qui me réclament quelques pièces. Bien entendu, je refuse. Je ne donne jamais d’argent aux enfants. C'est le problème des coins touristiques, surtout fréquentés par des touristes américains, qui pensent faire une bonne action en filant du pognon ou des bonbons. Ils ne se rendent pas compte des dégâts qu'ils peuvent faire. La nuit tombée, il commence à faire froid. Nous sommes à 2 900 mètres d'altitude. Je rentre à l'hôtel me réchauffer.

lundi 1 août 2016

Villa de Leyva

Impossible de refermer le robinet de la douche. L’eau coule sans s’arrêter. J'ai eu beau prévenir, un type ne vient s'en occuper qu'au bout d'une demi-heure. Bonjour le gaspillage… Ce matin, je vais monter sur la colline d’en face pour avoir une vue sur la ville. Le village est désert. Rien à voir avec l'afflux des touristes d'hier. La montée est raide. Je souffle. Il faut dire qu'on est environ à 2 500 mètres d'altitude. La vue de là-haut est superbe. Il y a un petit belvédère avec une statue de christ tout blanc. On voit toute la vallée, les montagnes environnantes et la ville en contrebas. Un autre marcheur arrive peu de temps après moi. Nous discutons un peu. Il s'appelle Andrés, il est architecte et travaille ici. Il a l'air sympa. Puis, c'est la descente. Je suis surpris de ne voir aucun papier par terre. J'ai l'impression que les colombiens sont attachés à la propreté. Comme il est encore tôt, je décide d’aller faire un tour au musée paléontologique situé à deux kilomètres de marche du centre. Malheureusement, lorsque j’arrive devant le musée, je m'aperçois qu’il est fermé le lundi. Pas de chance. Sur la route du retour, je déjeune dans un petit resto colombien au bord de la route. Un repas complet pour à peine trois euros. Très correct pour le prix. Malgré le vent, je m’installe dehors. Un gros matou me dévore des yeux pour que je lui refile mes restes. Les nerfs du foie de veau feront l'affaire. Je crois que je me suis fait un nouveau copain. Je retourne à l'hôtel pour faire un peu de lessive et bouquiner un peu.